Le Dernier atlas T1

F. Vehlmann, G. De Bonneval, H. Tanquerelle et F. Blanchard

Le Dernier atlas T1 - Nef des fous - Librairie BD RennesDe nos jours, en France. Ismaël est un escroc de province, installant des bornes d’arcade trafiquées dans des bars pour soutirer une « rente » aux propriétaires. La cinquantaine passée, un coup du sort va pourtant lui faire gravir soudainement les échelons, l’amenant à travailler en Algérie pour un caïd de la pègre internationale, celui qui se fait appeler « Dieu le père »…

Au même moment, des phénomènes inexpliqués surviennent au nord de l’Afrique. Des oiseaux migrateurs ne migrent plus et s’amassent autour de ce qui sera l’épicentre d’un énorme séisme, d’étranges signes géométriques apparaissent sur des animaux d’espèces différentes… Tous ces événements sont-ils liés entre eux, et liés à l’affaire sur laquelle travaille Ismaël ? Et surtout, plus intrigant encore, tout cela serait-il lié aux Atlas, ces fameux robots utilisés dans les années 70 aujourd’hui disparus ?

Quelques raisons de lire ce superbe album :

– Déjà, avant toute chose, ce premier tome est superbement écrit, tout simplement ! À partir de là, il pourrait se passer n’importe quoi, on resterait plongé dans cette histoire. Un vrai coup de maîtres de la part des scénaristes F. Vehlmann et G. De Bonneval donc. Des dialogues à l’avancée de l’histoire en passant par les personnages, tout fonctionne à merveille. Les choses se mettent en place progressivement, à leur rythme, comme un puzzle magnifique qui prend forme peu à peu…

– L’ambiance, très particulière, intemporelle. Nous sommes face à une uchronie « soft », la présence de robots ayant quelque peu changer la donne par rapport à notre « réalité ». Malgré tout, depuis leur disparition, le monde est quasiment revenu à la « normale », malgré quelques éléments subtils, quelques vestiges, quelques souvenirs. On est bien loin d’une science-fiction avec de gros robots qui se battent entre eux et je pense donc sincèrement que cette série peut plaire sans souci à ceux que le fantastique rebute…

– D’ailleurs, la couverture est en cela une grande réussite : le robot est présent, mais en ombre et en arrière plan. Comme pour l’intérieur de l’album donc.

– Ce qu’elle ne laisse pas envisager, c’est pourtant la richesse et la variété de celui-ci. Uchronie donc avec d’anciens robots, traces enfouis d’un conflit franco-algérien, polar, pègre internationale, questions écologiques et géologiques, histoires humaines aussi, il y a tellement de choses abordées dans cet album qu’il serait difficile de toutes les citer. Et pourtant (on en revient à la qualité d’écriture), tout fonctionne ensemble à la perfection !

– Pour couronner le tout, on se lance dans une série relativement courte puisqu’elle est annoncée en trois volumes. Sachant que chacun fera plus de 200 pages, ça donne quand même le temps de raconter pas mal de choses !